Anorexie, plutôt mourir que grossir

Le corps décharné et les os saillants, le teint blafard et les orbites creusés, fascinée par ces top-modèles squelettiques défilant sur les podiums des grands couturiers, la jeune fille scrute le miroir des heures durant, se pèse dix fois par jour et dévore les revues féminines, à l’affut du dernier régime minceur. Malgré sa silhouette cadavérique ses formes la dégoûtent, manger devient une torture, plutôt mourir que grossir, elle est anorexique.

Selon une étude récente, 37 % des jeunes filles se trouveraient trop grosses, 57 % seraient au régime et le nombre de français souffrant de troubles alimentaires n’aurait cessé d’augmenter ces vingt dernières années. C’est ainsi que l’on dénombre 230 000 personnes, dont 70 000 jeunes filles (entre 12 et 20 ans) souffrant d’anorexie mentale, et 10 % d’entre elles auraient déjà fait une tentative de suicide.

Les spécialistes décrivent deux types d’anorexie

  1. L’anorexie restrictive qui consiste à ne rien manger, à lutter contre la faim.
  2. L’anorexie/boulimie qui alterne entre la restriction et l’absorption massive de nourriture en un temps record, suivie généralement de vomissements.

Comment se comporte une personne anorexique ?

  1. Par phobie des kilos, elle trouve des excuses pour ne pas se mettre à table, bloque devant la nourriture, trie ses aliments, mâche lentement chaque bouchée. Après un repas, elle est toujours la première à débarrasser la table.
  2. Elle a une mauvaise perception de la réalité quant à son poids et ses formes.
  3. Elle se pèse 2, 6, 10 fois par jour.
  4. Elle confectionne des plats raffinés pour son entourage, n’y touche pas elle-même mais se rassure en nourrissant les autres.
  5. Elle tient une comptabilité obsessionnelle des calories qu’elle ingère.
  6. Elle vit dans le déni face à la gravité de sa maigreur.
  7. Hyperactive, elle fait du sport à outrance (natation, jogging…) pour éliminer le maximum de calories.
  8. Elle ne supporte plus le regard des autres.
  9. Elle souffre de phénomènes physiques tels que l’aménorrhée, le déchaussement des dents, des problèmes digestifs, rénaux, cardiaques, etc.
  10. Elle se fait parfois vomir après les repas, faisant couler l’eau pour couvrir le bruit, ou bien consomme des laxatifs.

Quels sont les éléments déclencheurs de l’anorexie ?

  1. Choc émotionnel ou affectif (deuil, divorce des parents, rupture amoureuse…).
  2. Traumatisme dû à un abus sexuel tel que le viol, l’inceste, ou les attouchements (20 % des cas).
  3. Moqueries dû à une surcharge pondérale.
  4. Période prolongée de stress ou de surmenage, due aux études, travail, etc.
  5. Influence des médias : la maigreur des mannequins (dont les photos sont généralement retouchées) étant présentée comme un idéal de beauté, de nombreuses adolescentes finissent par s’identifier à leurs “idoles” et entament un régime draconien.
  6. Relations conflictuelles avec la mère : l’adolescente refuse l’image de sa mère et de sa féminité.

Quel regard la Bible porte-t-elle sur la nourriture ?

  1. La famine est considérée comme une malédiction alors que l’abondance de nourriture est une bénédiction : “Il fit pleuvoir sur eux la manne pour nourriture, Il leur donna le blé du ciel.” (Psaume 78 v.24).
  2. Dieu manifeste sa bienveillance en nourrissant ses enfants : “Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, et du pain et de la viande le soir.” (1 Rois 17 v.6).
  3. Dans la Bible, le repas est synonyme de joie et de plaisirs gustatifs : “Ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur.” (Actes 2 v.46).
  4. Une alimentation saine et équilibrée impacte notre santé : “Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend soin.” (Éphésiens 5 v.29).
  5. Les aliments représentent un apport énergétique indispensable : “Après qu’il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent.” (Actes 9 v.19).
  6. Jésus lui-même passait beaucoup de temps à table : “Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : C’est un mangeur et un buveur.” (Luc 7 v.34).

Les perspectives bibliques face à l’anorexie

“Mes genoux sont affaiblis par le jeûne, et mon corps est épuisé de maigreur”

(Psaumes 109 v.24).

Même si la Bible n’emploie jamais le terme d’anorexie, de nombreux textes nous apportent un éclairage précieux face à ce désordre alimentaire, affectif, psychologique et spirituel. En effet, l’Écriture nous rappelle que notre corps étant “le temple du Saint Esprit” (1 Corinthiens 6 v.19), nous devons en prendre soin. De plus elle nous invite à repousser l’influence néfaste de notre société : “Ne vous conformez pas au siècle présent. (Romains 12 v.2). Enfin, elle nous montre combien Dieu est capable de guérir nos cœurs blessés et souffrants, tout comme il le fit pour Anne. L’estomac noué, bafouée, incomprise et déprimée, l’épouse d’Elkana “pleurait et ne mangeait point” (1 Samuel 1 v.7). Personne ne pouvait lui venir en aide, mais là où l’homme était impuissant, la main de Dieu parvint à la restaurer. Après avoir prié, “cette femme s’en alla, elle mangea, et son visage ne fut plus le même” (1 Samuel 1 v.18). Le Seigneur l’avait délivrée des chaînes de l’anorexie.

Vous qui lisez ces lignes et qui souffrez du même mal, ne baissez pas les bras, mais reprenez courage en proclamant la victoire de Jésus. Venez à la croix, confessez votre péché, réclamez la guérison, et Dieu vous accordera un appétit nouveau. “Leur âme avait en horreur toute nourriture, et ils touchaient aux portes de la mort. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, et il les délivra de leurs angoisses ; il envoya sa parole et les guérit.” (Psaume 107 v.18).